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HISTORIQUE COLLECTIF ELZEARD LURE EN RESISTANCE

2019-2022

Le collectif Elzéard Lure en Résistance est né en décembre 2019 sur l’initiative d’un groupe d’habitants de la Montagne de Lure déterminé à faire face à la déferlante des projets de centrales photovoltaïques industrielles sur la Montagne de Lure et du Plateau d’Albion

De 2020 à 2022, le collectif Elzéard s’est concentré surtout sur des actions de sensibilisation et d’information : présence sur les marchés, projections de films, organisation d’évènements festifs et de manifestations, création de textes dont une charte, site internet, réseaux sociaux…

En Septembre 2022, le défrichement du site de Cruis par l’opérateur Boralex, malgré le recours contre la dérogation de destruction des espèces protégées porté par Amilure a fait accélérer le mouvement. 17 hectares et demi de forêt de cèdres et de chênes ont été rasés en quatre jours. Les militants pris au dépourvu, ont tenté pendant 4 jours de bloquer le chantier face aux ouvriers. Rien ne les a arrêtés. Une militante a été blessée en tombant avec l’arbre coupé volontairement par un bûcheron. Elle a porté plainte. La plainte a été classée sans suite. Elle a fait appel. L’appel est perdu. Elle se constitue partie civile pour continuer les démarches. 

2023

La résistance s’organise. En mars 2023, les militant-es bloquent pendant une semaine le chantier. Les machines quittent le site sans finir leurs travaux.

Il manque au sein du collectif une équipe juridique capable de faire face à l’envergure de la tâche, d’étudier chaque dossier déposé par les industriels pour y trouver les failles sur lesquelles attaquer. En Avril 2023, un pôle juridique est créé avec des professionnels, Pierrot Pantel, juriste écologue et Marie Véroda du pôle juridique du GNSA.  Une première plainte signée par 11 associations de protection de la nature est déposée contre le défrichement illégal (Boralex n’avait pas toutes les dérogations pour détruire les espèces protégées). Mandatés par Pierrot Pantel, une équipe de naturalistes indépendants s’organise pour rechercher de nouvelles espèces présentent sur le site et absentes dans l’étude d’impact de l’industriel… 

En mai 2023, le collectif organise une conférence de presse pour présenter la nouvelle stratégie juridique qu’est la plainte.

En juillet 2023, un grand évènement est organisé à Forcalquier au Kfé Quoi avec musique, spectacles et conférences pour informer et recueillir des fonds.

 

Le 14 août 2023, l’entreprise Boralex reprend son chantier à Cruis malgré la plainte qui n’est pas encore jugée. Blocage non-stop pendant 5 semaines soutenu par des militants venus de groupes extérieurs : XR Aix-Marseille-Gap, Groupes locaux Sdt Forcalquier-Manosque-Sisteron, GNSA, ANB, ZDAC, Confédération Paysanne 84. Le chantier est mis à l’arrêt le 12 septembre pendant deux semaines pour demander les dérogations. Il reprend le 2 octobre malgré l’absence encore de certaines dérogations. Les blocages reprennent. Une nouvelle plainte est déposée ainsi qu'un nouveau recours…

Le 4 octobre 2023, deux militantes sont placées en garde à vue pendant 36 heures. Le procureur demande une comparution immédiate qui est reportée en novembre grâce à la demande des avocates. Le jugement sera à nouveau reporté au mois de février 2024. Suite à l’arrestation des 2 militantes, appelées « Gardiennes de Lure », les médias déferlent sur Lure : une vingtaine d’articles et de reportages dans des médias nationaux (Le Monde, Le Parisien, Libération, Elle, Reporterre, Hugo Clément (France Inter), France 2 Envoyé Spécial, France Culture LSD , C’est Bientôt Demain Antoine Chao, Nature et Progrés, TF1 (le journal de 20h), France 3 Régional, La Relève et la Peste, Fakir, Basta, l’Age de Faire, Silence, l’Empaillé … ainsi que les médias locaux, Le Dauphiné Libéré, La Provence, Haute Provence Info, BFMDICI.

Le 30 octobre 2023, au côté du collectif Elzéard, 12 associations de protection de la nature déposent une 2éme plainte d’atteinte à l’habitat de 49 espèces d’oiseaux protégées par non-respect de l’arrêté d’autorisation.

Le 17 novembre 2023, le grand évènement « Charivari » à Cruis, réunit 450 personnes sur site pour contester contre ce projet.

Jusqu’au 15 décembre, les blocages continuent jusqu’à ce que 4 militant-es soient blessé-es par une milice de vigiles engagée pour remplacer les anciens. Les 4 militant-es portent plainte qui seront classées sans suite. Ils et elle font appel.

Le 20 décembre 2023, une 3eme plainte est déposée contre Boralex signée à nouveau par 13 associations de protections de la nature, dont le collectif Elzéard, pour travaux de terrassement réalisés en novembre et décembre 2023 hors période d’activités des reptiles (l’hibernation des reptiles est attestée par un écologue indépendant).

2024

De Janvier à mai 2024, une vingtaine d’ordonnances pénales tombent avec amendes de 100 à 300 euros accompagnée d'une dizaine d’avertissements pénales probatoires. La plupart des destinataires fait opposition. Toujours en Janvier 2024, pendant deux jours, les militant-es bloquent le raccordement électrique de la centrale solaire qui s’étend sur 14 km dont une partie en milieu forestier, Enedis y ayant ouvert un chemin sans autorisation.

 

Le 20 janvier 2024, avec trois associations de protection de la nature, un recours contre le permis de construire du site au Redortiers est déposé. Le 5 février 2024, lors de leur procès, les deux militantes sont jugées coupables. Il leur est demandé 1200 euros d’amende pour entrave à la circulation + 120 euros d’amendes pour intrusion dans une propriété privée chacune, 5000 euros de remboursement de frais d’avocat et une suspension de 3 mois du permis de conduire. Elles font appel. La date de l’appel à ce jour n’est pas encore fixée.

 

Le 10 février 2024, un recours contre le permis de construire de Revest St Martin est déposé avec plusieurs associations de protection de la nature. 

Le 12 mars 2024, les militants bloquent le chantier de construction de la centrale photovoltaïque de Montfort. 12 hectares de forêts viennent d’être rasés (pas de dérogation pour 25 espèces d’oiseaux). Le résultat des ZADER fin mars 2024 révèle au moins 5 nouveaux projets : Lurs, Limans, Mallefougasse (environ 50 hectares chacun), Reillanne (17 hectares), Les Omergues (environ 65 hectares).

 

En Mai 2024, une 4eme plainte est déposée contre Boralex à Cruis pour éclairage nocturne non autorisé toutes les nuits avec lumières blanches orientées vers le haut (atteintes aux 9 espèces de chiroptères, attestées par huissier). Le 30 mai 2024, grâce à la victoire du recours en appel contre Boralex à Cruis porté par Amilure, renforcée par un mémoire en intervention volontaire de l’ASPAS soutenue par Elzéard, toutes les dérogations pour la destruction des espèces protégées sont invalidées.

 

En juin 2024, une plainte est déposée contre ENEDIS pour raccordement de la centrale de Cruis sans autorisation de Dérogation Espèces Protégées. Un rendez-vous est pris par les représentants de l’ANB et du GNSA avec le Parc Naturel Régional du Lubéron pour lors de la période de révision de la chartre afin de demander que l'organisme de gouvernance du parc soit accompagné d'un comité de gestion qui représente la société civile, des scientifiques, des associations, concernant l’implantation des centrales solaires. Une alerte est adressée à l’UNESCO pour faire remonter au ministère les infractions commises par Boralex sur Cruis. Dans une réunion en visio, un courrier est demandé attestant le soutien de l’UNESCO à la lutte contre les centrales photovoltaïques au sol dans ses réserves de Biosphère. Des réunions en visio-conférence sont organisées à plusieurs reprises entre le groupe juridique et l’équipe de direction de la réserve de Biosphère. L’objectif est d’obtenir de l’UNESCO et des gestionnaires de la réserve, un courrier à l’adresse du Ministère, alertant sur les nombreuses atteintes à l’intégrité de la Réserve par les industriels du photovoltaïque. Nous sommes encore en attente d'une réponse de l'UNESCO.

En juillet 2024, malgré la victoire du recours en appel, les cinq plaintes, et la non réponse du Conseil d’Etat au pourvoi de l’entreprise Boralex, la centrale photovoltaïque de Cruis entre en activité.

 

De mars à Juillet 2024, des naturalistes indépendants mandatés par le collectif Elzeard, réalisent des expertises complémentaires sur les trois sites ayant reçu les permis de défrichage (Revest St Martin, Redortiers, Aubignosc) afin de contrer les autorisations de défrichement.

 

En juillet 2024, suite à l’alerte donnée depuis novembre 2023 par Pierrot Pantel à la DDT, cette dernière informe l’industriel Engie Green que le site de Redortiers doit être considéré comme une forêt et, qu’il est, de ce fait, soumis à l’obligation de demander un permis de défrichement. Les travaux ne pourront donc pas commencer sur le site comme prévu en novembre 2024.

En Août 2024, une plainte est déposée contre le défrichage illégal de l’entreprise Tron à Mallefougasse pour une centrale photovoltaïque. Parallèlement, le collectif alerte l’industriel TEnergie à Revest St Martin pour présence d’espèces protégées non déclarées dans la DEP. Pendant deux mois et demi, de mi-août à fin octobre 2024, les militant-es ont surveillé quotidiennement les deux sites de RST et Aubignosc. Elles et ils étaient prêts à bloquer ces chantiers pour empêcher tous travaux illégaux. Grâce à cette vigilance et aux procédures juridiques, ces chantiers n’ont pas démarré mais demeurent sous surveillance. 

 

En septembre 2024, l’association STAJA alerte sur de nouveaux projets sur la Plateau d’Albion : 65 hectares sur trois sites dans la commune des Omergues. Le collectif Elzéard se porte en soutien des actions de l’association. 

 

En octobre 2024, le collectif Elzéard, en partenariat avec le GNSA et l’ANB, crée un film de 9 minutes intitulé « Business du photovoltaïque, l’envers du décors ». Ce film dénonce les destructions irréversibles causées par les chantiers de centrales photovoltaïques sur les terres sols vivantes. Il devient un outil de sensibilisation mis à disposition des collectifs en lutte…

 

En novembre 2024, le livre « Les Marchands de Soleil », écrit par Clément Osé et Sylvie Bitterlin sort en librairie. Il sera présenté une première fois à la librairie Le Bleuet à Banon lors d’un évènement organisé par le collectif le 17 novembre. S’en suivra une tournée dans toute la France à la rencontre des collectifs luttant contre les centrales photovoltaïques sur sol vivant. L’occasion de partager les expériences et de créer des liens… Une partie des bénéfices du livre et les droits d’auteur de Sylvie Bitterlin reviendra au collectif Elzéard.

2025

 

En janvier 2025, suite à la victoire du recours en appel de l’association Amilure et aux fortes pressions des militant-es sur le terrain, le conseil municipal de Ongles décide de ne pas renouveler la promesse de bail faite à la multinationale Engie Green pour son projet de centrale photovoltaïque sur une forêt humide. Cependant, comme à Cruis, l’entreprise s’est pourvue en cassation à la fin du mois de février. 

 

En février 2025, nous apprenons que de nouveaux projets sont en cours sur le Plateau d’Albion, en particulier à Sainte Trinit : 155 hectares sur terres agricoles et bois, convoités par l’entreprise Boralex. Parallèlement, il semble que les deux projets de centrales photovoltaïques industrielles à Banon soient abandonnés.

 

Les 15 et 16 mars 2025, le collectif Elzéard et l’association Hélichryse, organisent un gros évènement festif soutenu par le GNSA, l’ANB, le STAJA, le groupe Minute Papillon : « Remballez vos Panneaux ». Balades sur site, lectures de texte, projections de film, table ronde, concert, cantine militante ont rassemblé près de 130 personnes.

Le 23 mai 2025, le collectif Elzéard et l’association Hélichryse proposent une soirée projection débat du film Alliance Terrestre sur la lutte contre l’A69 en présence de la réalisatrice Isabelle Haelvoët afin de réfléchir aux stratégies à mettre en place pour la lutte sur la Montagne de Lure. Fin mai 2025, une plainte est déposée à l’ONU concernant la répression des militants : une trentaine d’amendes, 6 ordonnances pénales, 5 plaintes contre les bûcherons et vigiles classées sans suite, 2 procès en cours, plusieurs avertissements pénaux probatoires (peine de 2 ans de prison, 4500 euros d’amendes, 3 ans de suspension de permis de conduire).

En novembre 2025, à Montfuron, le permis de construire  a pu être déposé par l’ancien conseil municipal et l’enquête publique a été organisée de façon à obtenir un résultat favorable, malgré la qualité exceptionnelle du site.  Accompagnant les associations locales, Elzeard participe à sa défense avec son expérience et ses conseillers. Un premier recours a été déposé.

2026

 

En 2026, à Revest St Martin, suite au jugement en appel perdu malgré un complément de dossier, nous contestons l’interprétation de la cour d’appel devant le conseil d’état : jugement en attente.

 

En 2026, à Aubignosc, suite à l’analyse scientifique de nos écologues concernant le risque que comporte le projet PV pour les espèces protégées du site (intentionnellement sous-estimé par les industriels), nous avons demandé à l’administration d’imposer une DEP à Qenergy. A ce stade, le préfet nous a opposé un refus tacite.

 

En mars 2026, aux Omergues, le projet PV de La Lauzette, un des deux projets, attaqué par l’association STAJA que nous soutenons, a vu sa demande d’autorisation environnementale refusée.

 

En avril 2026, à Bréviers (05), l’enquête publique, à laquelle Elzeard a modestement participé, a permis de rejeter la demande d’autorisation environnementale pour la construction d’un parc photovoltaïque, soit 27,5 hectares épargnés.

 

En mai 2026, à Cruis, le recours, porté par Amilure devant le conseil d’état, a reçu une décision défavorable, malgré un avis favorable du rapporteur général. Cependant ce dossier n’est pas clos : en sus des 5 plaintes pour les infractions commises par Boralex et en attente de jugement, il nous reste un recours à finaliser.

 

En Mai 2026, aux Mées, le projet M17,qui impacte 20 hectares, avec un fort enjeu agricole, vient d’obtenir son permis de construire, toutefois sans la DEP nécessaire. Elzeard accompagné du GNSA dépose un recours contre ce permis. Sur le projet M18, le permis de construire a été publié. L’OFB, sur avis d’Elzeard, a préconisé une demande de DEP, que nous attendons.

En juin 2026, au Redortiers, nous avons travaillé sur deux fronts, le volet défrichement et le volet espèces protégées : d’une part nous avons réussi à faire pression sur l’administration pour qu’elle impose une autorisation de défrichement à l’entreprise Engie Green et d’autre part, suite à notre travail sur les espèces protégées, nous avons demandé à ce que l’administration impose une nouvelle dérogation espèce protégée (DEP). Suite au refus de la préfecture d’autoriser le défrichement du site, Engie Green a déposé un recours, que nous suivons attentivement. De plus la préfecture a lancé un travail de concertation pour le classement de la plaine du Contadour et des paysages de Giono. Cette démarche pourrait être favorable à la défense de ces sites. 

 

A Oraison, nous avons participé à l’enquête publique pour la révision du PLU pour un projet de centrale photovoltaïque impactant 30 hectares de forêt. Nous proposons notre aide pour participer à la lutte juridique si la modification du PLU était accepté.

 

En juillet 2026, à Banon, pour 2 projets, que nous espérions abandonnés, une autorisation de défrichement vient malheureusement d’être prorogée pour 5 ans. Vigilance accrue.

Et la suite ?

 

Les militantes en procès ont fait appel et une dizaine d’autres militant-es ont fait opposition à leurs ordonnances pénales. Le tribunal a tout d’abord fait droit à la question prioritaire de constitutionnalité posée par l’avocat. La cour de cassation n’a pas suivi et le jugement aura donc lieu en octobre. Nous espérons gagner, bien sûr, mais si ce n’est pas le cas, nous irons en appel ….

 

Les militant-es se préparent à s’opposer sur le terrain dès le mois d’août, au défrichage des cinq sites défendus juridiquement et ayant obtenus le permis de construire : Revest St Martin, Aubignosc, Redortiers, Montfuron, les Mées. Le collectif reste vigilant face aux projets en cours sur les communes d’Ongles, Banon, Mallefougasse, Lurs, Lardiers, les Omergues et le Plateau d’Albion (Revest des Bions, Sainte Trinite, Sault).

 

Le collectif Elzéard Lure en Résistance continuera sa lutte jusqu’à ce qu’aucun projet industriel ne vienne plus saccager la Montagne de Lure, le Plateau d’Albion et les territoires proches dans le Lubéron ou sur le plateau de Valensole

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